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07/08/2008

Si tu ne sais pas où tu vas...

...regardes (ndlr : au moins) d'où tu viens.

En ce jour anniversaire, et en bon petit-fils de paysans (et fils de paysan-fonctionnaire), rendons un hommage en image à ce monde rural qui a tant porté et encore tant à apporter (cf. crise alimentaire) à ce pays. Les clichés ont été pris dans le village de Monga  et ses environs (pays Gwa/M'batto - sous préfecture d'Alépé - extrème sud-est de la Côte d'Ivoire)

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habitat traditionnel dans un quartier périphérique de Monga, par Y-Voir-Plus

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01/08/2008

République laïque?

"La laïcité désigne la séparation du civil et du religieux. Le principe de séparation des pouvoirs politique et administratif de l’État du pouvoir religieux en est une application." Wikipedia

god.jpgPancarte pour cabine téléphonique à Grand-Bassam, par Y-Voir-Plus

La Foi en Dieu n'est-elle pas avant tout une affaire personnelle, une relation intime et privilégiée que tout un chacun se doit d'entrenir avec celui ou celle (ou ceux) qu'il considère comme son créateur? En Côte d'ivoire, n'importe quel support, public comme privé, peut servir à communiquer sa flamme pour l'Eternel (cabines téléphoniques, médias, taxis, musique, vêtements, boutiques...) et les discussions sont quasi systématiquement ponctuées de référence divine. Les politiciens, pour une fois en phase avec ce peuple très crédule croyant, surfaient à leur tour sur cette vague spirituelle, à commencer par le premier d'entre eux qui concluait chacun de ses discours par un très solennel "Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire". Et à 121 jours de la prochaine élection présidentielle, l'opposition de "surenchérir"par cette prophétie déclaration illuminée : "ADO est candidat, c'est voulu par Dieu"

Dans cette République qui se disait laïque, était-il vraiment saint de manifester sa foi religieuse de façon aussi ostentatoire dans le débat politique et surtout hors des lieux dédiés (Mosquée, Temple, Eglise, église à entrée gratuite...)? A moins que ce soit cette période trouble, où l'on y voit rien, qui stimulait ce besoin de se laisser éblouir guider par la divine lumière.

26/07/2008

Réponse du boulanger à la boulangère

Au sujet de la très controversée filière pétrolière ivoirienne. 00.jpg
Les Cuves de la SIR (Société Ivoirienne de Raffinage) à Abidjan, par Y-Voir-Plus

Gbagbo annonce à Vavoua la révision des accords d’exploitation du pétrole ivoirien
"J’ai subi trois guerres : celles des fusils en septembre 2002, du pétrole et de la nourriture... hier, le pétrole était autour de 130 dollars le baril. Mais au moment où nous prenions notre décision, il était à 145 dollars le baril ; alors qu’en 1995, il était à 15 dollars le baril et au moment où j’arrivais au pouvoir, il était à 20 ou 30 dollars le baril

Il y a des malhonnêtes qui disent qu’on ne voit pas ce que Gbagbo fait avec l’argent du pétrole. Je dis malhonnête parce que ce sont eux qui ont fait les lois. Ils étaient ici avant moi, Ils ont fait une loi de partage des revenus du pétrole entre la Côte d’Ivoire et les exploitants. Cette loi de partage qui est devenue une Convention et que je vais changer dit que, comme les exploitants qui sont étrangers, ils dépensent beaucoup d’argent pour l’exploration, c’est-à-dire pour la recherche et l’exploitation, l’extraction du pétrole...Nous avons 12% et les étrangers ont le reste. Quand des gens qui ont gouverné, écrit et signé cette convention viennent prétendre que nous avons l’argent du pétrole, nous, nous disons que c’est faux...
 
Je me demande, en écoutant les gens, comment on peut être de mauvaise foi en faisant la politique alors que celui dont vous parlez peut faire sortir les documents. C’est cette vérité que les gens ne veulent pas vous dire."

09/07/2008

Affaire de Castel

Au lion indomptable de Mendong,

Toi même tu sais le pourquoi du comment de cette photo...mais le plus important reste ton arrivée "remuante" au sein de la blogsphère africaine. Akwaba à Paul & Mick et bonnes vacances à tous ceux qui peuvent en prendre.

Un Mu-ntu à Panam, le blog de Paul & Mick

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Scène de rue à Treichville, par Y-Voir-Plus

06/07/2008

Trash talk

panneaux.jpgPanneau publicitaire* dans la commune du Plateau, par Y-Voir-Plus

Trop de pub, tue la pub...et accessoirement le paysage urbain.
Les annonceurs ivoiriens rivalisent d'originalité pour occuper les panneaux publicitaires qui pullulent dans le district d'Abidjan. Le blog Babi Watch leur est même consacré. Cette frénésie de communication illustre le dynamisme économique de la ville mais à l'inverse contribue à dénaturer, comme tant d'autres maux, l'environnement abidjanais. C'est à se demander s'il existe une législation règlementant l'implantation de tous ces supports publicitaires. Notons tout de même que l'assainissement du secteur semble désormais d'actualité comme le révèle un récent billet de Yoro. Donc affiche affaire à suivre.

*Dans le langage ivoirien, Yako est une marque de compassion.

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18/06/2008

Chinoiseries?

La Maison des députés de Yamoussokro livrée en 2006 par nos "amis" chinois s'effriterait déjà selon Poukoi. Quant au palais de la culture d'Abidjan il est en danger selon les propres termes de son directeur Sidiki Bakaba. De graves problèmes d'étanchéité menacent un des plus beaux édifices de la capitale économique ivoirienne. Face à cette situation, la question que l'on peut légitimement se poser est : comment se fait il qu'un ouvrage mis en service seulement depuis 1999 puisse déjà présenter de telle signe de fatigue? La faute est elle seulement imputable à "la disparition" des 580 millions de francs CFA alloués par l'Etat pour les travaux de maintenance du bâtiment ou la conception made by chinese est elle aussi à mettre en cause...
"Les chinois construisent bien, vite et pas cher..." nous dit on!
Pour la diligence et le coût rien à redire, pour la finition l'avenir nous situera.

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Signe de fatigue (en bas à droite) au  Palais de la  Culture  d'Abidjan  en  2006 ,  par  Y-Voir-Plus

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19/05/2008

Le savoir en lambeaux

3df85587909c376ca21124b2c1cca240.jpg"Le savoir est une arme et je sors toujours armé" Ministère AMER
 
 
Un nouveau cliché volé, cette fois ci pour illustrer l'état de délabrement avancé  crise du système éducatif ivoirien et plus généralement de l'Afrique noir francophone. Dans le classement des 100 premières universités africaines, aucune université ivoirienne n'est présente, quant aux universités d'Afrique noir francophone leur nombre n'excède pas 10 et seules les universités de Dakar (14ème) et Ouaga (37ème) figurent dans les 50 premières. L'honneur est sauf...
 
Quant à la photo, je l'ai prise à la Bibliothèque Nationale d'Abidjan (dont je n'ai jamais trouvé le site internet), elle présente la chute vertigieuse du fonds documentaire de périodiques qui, par manque de ressources financières pour les abonnements, est passé de 1721 titres en 1971 à 36 en 2006... 
 

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03/05/2008

Je t'aime...moi non plus

@ Delugio & Kwaame

Un cliché que "j'ai volé" dans les couloirs de fraternité matin, le plus grand quotidien ivoirien. En légende il est inscrit :
1983, Thomas Sankara, le révolutionnaire, Président du Burkina Faso, aux côtés de Félix Houphouet Boigny, le sage de l'Afrique. Ce qu'il faut aussi savoir c'est que celui qui a "remplacé" le révolutionnaire" à la présidence du Faso depuis maintenant 21 ans, est également l'époux de la nièce du sage de l'Afrique...

 

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31/03/2008

Femmes en colère

"le Président on l'a vu ce soir encore bénéficie d'une très grande popularité à Abidjan..." déclaration de Jack Lang au sujet de Laurent Gbagbo lors de la virée nocturne présidentielle du 28 au 29 mars 2008. 

"On a faim...Gbagbo danse" vu ce matin, sur le bitume de Cocody lors de la manifestation contre la vie chère des femmes de  Cocody.

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Merci à PZ pour ces clichés.

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28/03/2008

Psychanalyse du dirigeant noir africain

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Bienvenue à l'aéroport personnel du Président!
Charles Onyangbo-Obbo, The East African, mars 2008

La semaine dernière, le terminal national de l'aéroport d'Entebbe, qui a été refait à neuf, a failli être dévolu à l'usage exclusif du président Yoweri Museveni [de l'Ouganda]. Tout le monde s'est indigné. Le plus étonnant, cependant, n'est pas l'exagération dans les privilèges présidentiels, mais qu'autant de gens s'en offusquent. Ce comportement fait partie d'une affection qui frappe les dirigeants africains au pouvoir depuis plus de deux décennies et que l'on pourrait appeler la "crise des vingt ans" ou, mieux encore, le syndrome de "Yamoussoukro-Gbado-Lite". Pendant leurs premières années au gouvernement, beaucoup de dirigeants africains passent par une phase d'idéalisme. Les promesses et les espoirs pleuvent, comme lorsque Museveni a affirmé que le pays serait "modernisé" et "transformé en un tigre économique". Et, en général, les choses changent vraiment. Des routes sont construites ou réparées. Des dispensaires sont créés dans les campagnes. Des réformes économiques et juridiques sont mises en place, et le pays se voit doté d'une Banque centrale et d'un pouvoir judiciaire parfois indépendants. La prospection du sol est accélérée, et l'on trouve du pétrole ou des diamants.

Presque toujours, comme en Ouganda, on lance des plans de modernisation de l'agriculture. Ces derniers temps, l'enseignement primaire universel et gratuit fait constamment partie du tableau. Mais, une fois que tout a été dit et fait, on voit que la situation économique générale n'a pas évolué et que les conditions de vie de la majorité des habitants ne se sont que très peu améliorées. Alors, au bout de vingt ans, les dirigeants finissent par comprendre qu'ils ne peuvent pas transformer leurs pays en puissances mondiales à revenu intermédiaire.

A partir de là, on assiste à la multiplication d'activités de remplacement, destinées à conférer à nos dirigeants l'importance et la grandeur personnelle qu'ils n'ont pas réussi à atteindre en utilisant intelligemment leurs pouvoirs pour transformer leur pays. C'est l'équivalent politique du Viagra. C'est ainsi qu'en Côte-d'Ivoire Félix Houphouët-Boigny construisit la plus grande cathédrale du monde dans sa ville natale, Yamoussoukro. Dans l'ancien Zaïre, Mobutu Sese Seko s'était offert à Gbado-Lite, au fin fond de la jungle, un palais princier orné de marbre et de diamants, et pourvu de sa propre piste d'atterrissage. Au Zimbabwe, pendant que son pays s'écroulait autour de lui, le président Robert Mugabe a dépensé une fortune dans un palais similaire.

Mais les grands hommes ne profitent pas beaucoup de ces somptueuses bâtisses. En effet, arrivés à ce stade, ils deviennent paranoïaques et, lorsqu'ils sont dans leur palais solitaire ou qu'ils se retrouvent les seuls utilisateurs d'un terminal, ils sentent qu'ils sont des cibles plus faciles pour leurs ennemis. Il s'agit d'une régression par rapport à la mentalité qui a marqué les premières années d'indépendance sur le continent. Certes, les chefs d'Etat de cette époque aimaient donner leur nom aux choses et mettre leur portrait sur les billets de banque, mais, à la différence de leurs successeurs actuels, qui préfèrent les projets privés, ils aimaient les grandes œuvres publiques. C'est ce qui explique la construction du barrage d'Akosombo [au Ghana], jadis décrié et aujourd'hui encensé. Ces dirigeants-là étaient capables de survoler une vaste plaine et de décider d'y édifier une nouvelle capitale. Ils construisaient des usines gigantesques et des aéroports au milieu de nulle part. Ces projets étaient généralement coûteux et inutiles, mais au moins ils étaient inspirés par un souci de l'intérêt général plus noble que ce que l'on peut voir aujourd'hui.

Je me souviens d'un article, que j'ai lu il y a quelques années, sur Menahem Begin, l'un des fondateurs de l'Etat moderne d'Israël, général décoré dans les nombreuses guerres livrées par son pays. Pendant la période où il fut Premier ministre et après avoir quitté son poste, il a vécu dans un modeste appartement qu'il partageait avec sa fille. Les hommes comme Begin n'ont pas besoin de terminaux d'aéroports personnels pour être grands. Que l'on aime ou que l'on haïsse Israël, la situation actuelle du pays montre bien que ces hommes ont réussi à changer leur monde.