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26/08/2008

Justice sauvage

Afrique du Sud : Un fermier accusé du meurtre de son employé vient d’être libéré
Mark Scott-Crossley, un fermier blanc sud-africain qui, en 2005, avait été condamné à perpétuité pour avoir donné son employé noir à manger aux lions, vient d’être remis en liberté. Le pays condamne sa libération et dénonce le racisme toujours prégnant dans cette société post-Apartheid... Accusé en 2004 d’avoir tué un de ses ex-employés noir et de l’avoir donné en pâture à des lions, il a d’abord purgé deux ans de sa peine à vie, avant que la Cour Suprême d’Appel revoie les charges en 2005 et ne le condamne plus qu’à 5 ans de rétention pour complicité. Finalement, il a été libéré cette semaine et demeure en liberté surveillée.

Nelson Chisale travaillait pour Mark Scott-Crossley. Deux mois après son licenciement, il était revenu sur les lieux pour récupérer quelques effets personnels. L’enquête de la police a démontré que son ancien patron l’a fait passer à tabac par d’autres employés armés de machettes, avant de le charger dans un pick-up et de l’emmener dans une réserve animalière. Là, il sera jeté aux lions blancs, une espèce très rare. Seuls des ossements et des vêtements tâchés de sang permettront plus tard de l’identifier. L’accusé a toujours clamé son innocence et a fait appel du jugement qui le condamnait à la prison à vie pour meurtre. Il a obtenu une réduction de peine en 2005, faute de preuves suffisantes attestant du meurtre. La Cour d’Appel a argué que rien ne prouvait que Mark Scott-Crossley ait effectivement tué son employé. Le jeter dans la cage aux lions relevait donc seulement de la complicité de meurtre. La décision finale de le libérer cette semaine est toutefois soumise à des règles d’encadrement strict. Le fermier demeure en liberté étroitement surveillée jusqu’à la fin des 5 ans prévus par la justice.

En 2004, le crime avait fait les gros titres de la presse internationale et indigné l’opinion publique. Quatre ans plus tard, le rebondissement de l’affaire fait beaucoup parler. Les associations de défense des droits de l’Homme sont montées au front jeudi, pour dénoncer la libération abusive de Mark Scott-Crossley. Quinze ans après la fin de l’Apartheid et l’exploitation des noirs par les fermiers blancs, beaucoup dénoncent une société encore très raciste, où les droits blancs priment sur ceux des noirs. Mais également où la richesse joue son rôle de séparateur social. « Il est clair pour la classe des travailleurs pauvres que ceux qui sont riches et blancs continuent d’être traités différemment de ceux qui sont pauvres », a déclaré, jeudi, le porte-parole du Congress of South African Trade Unions. via afrik.com

26/07/2008

Politique et variations chromatiques

c3aebbf99059640f7a118155084a449f.gifAu sein de la nation arc en ciel quand le jaune se réjouissait de devenir enfin noir, le blanc devenu noir malgré lui, retenait  toute l'attention électorale de ce dernier pour qu'il retrouve son teint d'origine...ou du moins qu'il soit moins noir.


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08/07/2008

Mise à prix

194dc3b0a1dd9127aebe242c34a418a8.jpgou comment se payer la tête  d'un grand leader africain

Afrique du Sud: une nouvelle pièce de monnaie pour marquer les 90 ans de Nelson Mandela
Cinq millions de pièces de monnaie à l'effigie de Nelson Mandela vont être mises en circulation en Afrique du Sud pour marquer le 90e anniversaire du héros de la lutte contre l'Apartheid, a annoncé lundi la Banque de réserve sud-africaine.

Nelson Mandela a assisté à la cérémonie de présentation de la pièce de cinq rands, soit environ 0,41 euro, à Johannesburg. Les pièces seront mises en circulation le 18 juillet, date du 90e anniversaire de l'ancien président sud-africain. Via associated Press

25/03/2008

Mort un 12 septembre

7a911364bed0276ac03387ae9b8afd1f.jpg"L'arme la plus puissante entre les mains de l'oppresseur est l'esprit de l'opprimé"
Steve Bantu Biko

"Biko a été le premier clou dans le cercueil de l’apartheid"
Nelson Mandela lors de son élection en 1994

Vie & mort de Steve Biko

31 ans après sa mort, Steve Biko reste un des héros les plus incontestés de la lutte anti-apartheid après avoir fondé le mouvement de Conscience Noire (BCP) qui a contribué à forger la résistance contre le régime raciste au pouvoir jusqu'en 1994 en Afrique du Sud. Il est mort en septembre 1977, après 16 jours de détention sans procès. Jusqu'à présent, l'affaire Biko n'avait jamais débouché sur des poursuites judiciaires. Inconscient, le militant avait été transporté nu à l'arrière d'une fourgonnette de police sur une distance de plus de 1000 km. Six jours plus tard, le 12 septembre 1977, cet homme de 30 ans qui jouissait d'une parfaite santé avant son arrestation, décédait des suites d'un traumatisme cranien et de blessures au foie, selon les rapports médicaux de l'époque.


En Afrique du Sud, son nom est resté le symbole des répressions du régime d'apartheid, qui le harcela pendant toute sa vie pour ses activités politiques. Sa vie a été immortalisée par le film "Cry Freedom" de Richard Attenborough, salué par la critique internationale, et par une chanson du Britannique Peter Gabriel. Dès la fin des années 60, ce jeune intellectuel brillant contribua à la propagation de la philosophie de la Conscience Noire en Afrique du Sud. Importée des Etats-Unis, cette idéologie qui se présentait comme non-violente, visait à rendre sa dignité et son identité propres à la population noire.
Le gouvernement du Parti national, qui accusait le mouvement d'abriter de dangeureux "anarchistes" préparant un "climat révolutionnaire", finira par bannir le BCP en octobre 1977, un mois après la mort de Steve Biko.
Il fit ses premiers pas en politique sur le campus universitaire de Durban-Westville où il contribua à la fondation du syndicat étudiant noir SASO à la fin des années 60. Dès 1973, ses activités lui vaudront d'être banni à King William's Town. Le 25 septembre 1977, la population de cette petite ville située près de Port Elisabeth lui réserva des funérailles grandioses. via afrique-express.com
 

20/01/2008

Croupe d'Afrique

4548ee97bd026953223e450525d6cc7b.jpgL'histoire de Sawtche, une femme d'Afrique australe née en 1789, l'année de la déclaration des droits de l'homme blanc.

La Vénus Hottentote
L'histoire effroyable de Saartjie Baartman (le nom "de baptème" de Sawtche) témoigne de la vitalité des expositions coloniales et autres spectacles ethnographiques au XIX ème siècle. Cette femme a été exploitée afin de servir de justification de la présupposée infériorité des peuples de couleurs.

Née en 1789...en Afrique Australe où la population autochtone est dominée par les colons hollandais (les boers), elle devient une quasi-esclave dans une exploitation agricole. elle est emmenée ensuite en Europe par un marin britannique en 1810 qui envisage de l'exhiber. De nombreux spectacles londoniens présentaient, à cette époque, des expositions de personnes difformes ("freaks") qui avaient beaucoup de succès.

Dès son arrivée à Londres, elle est prise en charge par un impresario et devient un sujet de fascination. Lui faisant miroiter de grands bénéfices et l'ayant copieusement saoûlé, il lui fit signer un contrat. Exposée comme une bête de foire, elle est un objet de curiosité sexuelle en raison de la protubérance de son postérieur (stéatopygie) et le surdéveloppement de ses parties génitales (macronymphie) ; elle sombre peu à peu dans la prostitution et sert d'objet sexuel lors de soirées privées. En 1814, le succès déclinant, elle est vendue à un montreur d'ours et de singes qui l'exhibe pour 3 francs à Paris. Elle décède d'une pneumonie (ou de chagrin..) peu après en 1816(...)

Son corps fut réclamé avec force par de nombreux naturalistes dont Georges Cuvier qui avait déclaré : " Ses mouvements avaient quelque chose de brusque et de capricieux qui rappelait ceux du singe". Cette phrase témoigne du racisme que beaucoup de scientifiques partageaient. Celui-ci obtint le droit de disséquer le cadavre de Saartjie Baartman qui devint la propriété du Muséum d'histoire naturelle. Son squelette sera ainsi conservé et exposé au Muséum d'histoire naturelle de Paris jusqu'en 1974. Son cerveau et ses organes étant conservés dans du formol.

La loi du 21 février 2002 a rendu possible le transfert de la dépouille de Saartjie Baartman vers son pays natal, l'Afrique du Sud. (...) Ses restes ont ainsi été restitués à l'Afrique du sud avant de faire l'objet d'obsèques solennelles, le 9 aôut au Cap, sa province natale.
via temps.site.voila.fr
illustration: l'actrice Sha Cage ressucite Sawtche dans une pièce de théatre
Un hommage vidéo à Sawtche (cliquer ici)