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12/09/2008

Déforestation durable

et incapacité à refonder* l'économie ivoirienne.

jardin des plantes.jpg
Mémoire de la biodiverisité ivoirienne au jardin des plantes de Cocody, par Y-Voir-Plus

Visiter la Côte d'Ivoire profonde c'est constater que ses vastes étendues vertes que l'on peut apercevoir du hublot d'un avion n'ont rien de naturel. La flore ivoirienne est pour ainsi dire un champ agricole géant doublée d'un libre service pour malfrats en tout genre...avec les conséquences qui vont avec.

 

*Le terme refonder ne vise pas une famille politique en particulier mais les différents gouvernements qui se sont succédés à la tête du pays.

Côte d`Ivoire: 300.000 ha de forêt disparaissent chaque année (officiel)

Plus de 300.000 hectares de forêts disparaissent chaque année en Côte d'Ivoire à cause de "l'exploitation abusive" et illégale du bois, a indiqué jeudi un responsable de la Société ivoirienne de développement des plantations forestières (Sodefor, publique). "Chaque année, ce sont plus de 300.000 hectares de forêts qui disparaissent", en raison notamment de "l'exploitation abusive" du bois, a affirmé un responsable de la Sodefor, Ouallou Kolou, lors d'une conférence de presse. Cette exploitation abusive est liée soit à la production de charbon, soit à des coupes d'arbres pour l'exportation d'essences précieuses. Ce responsable s'exprimait en prélude à un Atelier international sur les innovations dans l'industrie des forêts tropicales et des produits forestiers (AIFORT), prévu du 22 au 25 septembre à Abidjan et dont il sera le commissaire principal. Le 15 février, la Sodefor avait déploré des pertes de 186 milliards de FCFA (283 M EUR) en cinq ans de crise, attribuées à l'exploitation illégale de la forêt dans les zones sous contrôle de l'ex-rébellion (nord). La société a également annoncé le lancement dans le nord du pays d'une opération de reboisement avec l'appui du Programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire (PNRRC) qui doit mettre à la disposition de la Sodefor une partie des ex-combattants dans le cadre de la sortie de crise ivoirienne. La Côte d'Ivoire, qui comptait 16 millions d'hectares de forêts dans les années 60, n'en compterait plus que 6 millions aujourd'hui, selon des chiffres officiels. Ces forêts renferment des bois précieux (iroko, acajou, bahia...). La culture du cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial avec 40% des parts de marché, se pratique souvent en zones forestières, accentuant la déforestation. Via afp

 

Pour aller plus loin :

- Le charbon de manioc, alternative au charbon de bois?

- Les chimpanzés ivoiriens, victimes eux aussi de la guerre?

deforestation_in_west_africa_case_cote_d_ivoire.png


Commentaires

Comment peux-t-on freiner la déforestation dans un pays en pleine expansion immobilière. Il n'y a même plus de place pour un certain reboisement.

La Sodefor et l'Etat ivoirien doivent se pencher sérieusement sur la question.
L'exemple de l'entrée de Bassam est édifiant. Des centaines d'hectares de palmiers ont été détruits pour faire place à... une vaste opération immobilière de la société SCI Les Rosiers et...
à la constructions d'une église.
Peut être que dans ce cas, on ne considère pas les palmiers comme des arbres.

Ecrit par : Yoro | 12/09/2008

Merci Djé pour ton passage tes commentaires. J'ai mis une réponse DANS ton dernier commentaire... Je n'arrive plus à poster de commentaires sur mon blog (ils n'apparaissent pas) depuis ce matin !...

Ecrit par : delugio | 12/09/2008

@ Delugio,
serais tu à ton tour touché par une variante du "disparu, disparu"?
;)


@ Yoro,
Quand on sait que "la mer monte, monte monte" à l'emplacement que tu cites...

Sur le problème de l'expansion d'Abidjan, il me semble qu'il faut désormais prioriser les constructions en hauteur, ou bien?
Le prix du mètre carré abidjanais plaide pour cette alternative.
Mais de façon globale, les efforts doivent être portés sur l'attractivité des villes de l'intérieur afin d'éviter que toute la CIV se retrouve d'ici peu à Abidjan. Dans cette optique il est plus que souhaitable que le transfert de la capitale soit menée à son terme et de la manière la plus rigoureuse possible.

Sur la déforestation de manière générale, je ne sais pas si tu le sais cher Yoro, mais en Europe et en France notamment, la superficie des forêts est à l'heure actuelle plus importante que celle de la France du Moyen-âge...
Et la France est à la fois un superpuissance agricole...et industrielle.

Ecrit par : Djé | 14/09/2008

Comment (bien) gérer nos forêts pour qu'elle ne disparaissent pas? Parce qu'on coupe les arbres (et c'est l'excuse officielle) pour faire des routes, contruire des maisons etc...
Quand tu vois un poid lourd transportant du bois tu te demande si ce sont les branches de l'arbre ou l'arbre lui-même. Tellement petit.
Bref, je veux dire qu'aujourd'hui la situation est alarmante, il faut que sérieusement les décideurs (et tous les ivoiriens) réfléchissent sur la question.

Ps: Tu sais que pour contruire les novelles institutions de la république à Yamoussoukro ce sont des hectars de forêt qui ont du être "rayés de la carte". C'est ça ma question. Quand on a fini de couper ces arbres... que fait-on pour compenser ce vide. C'est à cette question que la Côte d'ivoire doit repondre.

Ecrit par : Yoro | 15/09/2008

J'ai la désagréable impression que tu trompes "d'ennemi" cher Yoro.

Sans minimiser les phénomènes de déforestation liés à l'urbanisation que tu cites, il me semble que c'est tout de même l'agriculture intensive et l'exploitation illégale (et légale) du bois qui réduit comme une peau de chagrin la forêt ivoirienne.
Réfères toi à la carte ci dessus, et constates à quel point les surfaces agricoles se sont substituées aux forêts. Si je peux me permettre, l'urbanisation n'a qu'un rôle mineur (ou secondaire) dans cette "déforestation durable".
La CIV s'enorgueillit à juste titre de produire 40% du cacao mondial, mais quelle sera la facture environnementale à régler pour un si petit pays?
Abandonner l'agriculture n'est pas la solution mais optimiser sa production afin d'obtenir des gains de productivité qui limiteront de facto l'extension des surfaces agricoles semble prioritaire. La forêt a aussi son rôle à jouer dans l'industrie touristique. A Abidjan par exemple, j'ai mal au coeur quand je vois à quel point le potentiel touristique de la forêt du Banco est ignoré. A mon avis, c'est pas courant de trouver de part le monde des réserves naturelles en plein cœur d'une grande métropole comme c'est le cas à Abidjan.

Le fond de mon propos Yoro était de dire que la CIV est verte mais ce vert est artificiel, il est le reflet d'un système économique fondé quasi exclusivement sur l'agriculture qui nous a déjà nuit (chutes des cours dans les 80') et qui nuira encore (environnement) si des mesures concrètes ne sont pas prises rapidement.

D'ailleurs il est à craindre que notre inconscient collectif ait déjà capitulé puisque l'orange de notre drapeau (symbole de la savane) est désormais la couleur favorite de l'expression patriotique ivoirienne (lol)

Ecrit par : Djé | 16/09/2008

Je suis conscient (et d'avis avec toi) que l'agriculture y est pour quelque chose (déjà qu'on parle d'une "cultivation" intense de jatropha ça va empirer). En fait ce que je voulait signifier, c'est qu'il faut qu(il y ait un débat sur cette question de déforestation et développement de l'urbanisme.
en fait j'ai la sensation que ça ne semble alerter personne. Je suis pour le developpement des projets immobiliers (et même de l'agriculture à grande échelle)... mais après comment "recycler" nos forêts.
La Côte d'Ivoire regorge de spécialiste en la matière qui peuvent mener des reflexions et faire des propositions pratiques sur ce sujet.
"Quand on a fini d'avoir de belle routes et une agriculture prospère, comment retrouver nos chères forêts?".
Il faut qu'on y songe sérieusement sinon ce sera la couleur blanche de notre drapeau qui sera notre symbole patriotique... on n'aura même plus de savane... on n'aura plus rien.

Ecrit par : Yoro | 17/09/2008

bien vrai que nos forêts sont en voix de disparition mais les jatrophas pourons entraîner la baisse du prix du pétrole. De plus la population augmente et nous avons besoins de plus d'espace pour la contuction des habitats. Par conséquent, l'abattage des arbres ne peut avoir de frein.

N'oublions pas non plus l'agriculture qui est très importante . Faudrait choisir des espaces précis pour faire un reboisement sans toute fois éviter de dégrader les jardins botaniques de notre pays.

Ecrit par : djoss | 24/11/2008

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