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23/07/2008
Made in Gabon

En 1998, lors d'une escale à San Pedro (la grande ville côtière du sud ouest de la Côte d'Ivoire), le serveur d'un bar de la plage était désolé de me proposer du pur jus d'orange (pressée) local en lieu et place d'un concentré importé d'Europe et certainement bas de gamme. En 2008, nos frères gabonais sont fiers de consommer leurs produits (manufacturés) du cru. Et débrouillardise encore, c'est la société civile qui est à l'origine de cette mini révolution. Les mentalités évoluent ou bien?
Gabon: Les produits « made in Gabon » désormais sur le marché
A l’actif du Collectif des entreprises réunies du Gabon, représentant les PME-PMI gabonaises, les produits « made in Gabon » ont été présentés à la presse, mardi à Libreville pour démontrer à la face du monde ce que ces jeunes entreprises locales sont capables de faire avec peu de moyens. La confiture « Nyosi », signifiant l’abeille, et le piment de table ont été les principaux produits présentés à cet effet par les promoteurs qui sont plutôt connus dans le domaine du Génie civil et des Travaux publics. Le premier produit notamment la confiture « Nyosi » est fait à base d’une mixture de mangue, papaye, sucre, cassonade et du jus de citron, alors que le second contient simplement du piment, de l’huile et quelques assaisonnements. Les produits déjà commercialisés dans les grandes surfaces à Libreville et à l’intérieur du pays sont respectivement vendus entre 1500 et 2000 francs CFA, le pot de piment et 2000 à 2500 francs CFA, le pot de confiture.
« Notre pays regorge beaucoup de potentialités qui ne demandent qu’à être revalorisés. Et il n’y a que des entreprises gabonaises qui soient à même de le faire parce que soucieux de promouvoir les atouts naturels du pays », a déclaré le coordonnateur du Collectif, Etienne Kombila Moundounga, sollicitant une aide de la part du Gouvernement et des organismes internationaux pourvoyeurs de fonds.
Cette opération de lancement, à en croire quelques Gabonais, interrogés mercredi par GABONEWS, devrait interpeller le gouvernement de la République sur la nécessité d’appuyer les PME-PMI dans ce genre d’initiative en les subventionnant davantage. via Bongo doit partir.org
01:20 Publié dans ondikoi | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : gabon, patriotisme économique, débrouillardise, économie locale
Commentaires
C'est une des voies que nous devons explorer pour réussir notre développement, car le génie existe en Afrique, mais les moyens y sont mal affectés.
Merci
Ecrit par : hilaire KOUAKOU | 23/07/2008
Un de mes oncles maternelles me disait toujours,"en afrique quand tu es intelligent il ne faut pas le montrer ou bien les sorciers te tueront".
Sans vouloir l'offenser, je pense que ça ne tient plus cet alibi qu'avaient certains intellos pour fuir et se refuger en occident, où leurs talents et leurs dons étaient explotés jusqu'à ce que mort s'en suive.
Nous les Africains, nous avons en ce 21e siècle l'occasion de démontrer que nos "génies" et nos "sorciers" peuvent rester (en vie)sur place et travailler dans le sens du developpement de nos Etats africains.
Merci Djé pour ces "débrouillardises" qui nous incitent à garder la foi en une Afrique autonome et qui pourra elle-même certainement se prendre un jour en charge.
Ecrit par : yoro | 23/07/2008
trés interessante série de billets sur le Made in chez nous,c'est un sujet qui me tient vraimant à coeur, du coup, je ne sais meme pas quoi rajouter, moi qui est bavard d'habitude lol
en fait, la question de djé à savoir si c'est les mentalités qui evoluent ou bien..., je dirais tout simplement que l'etre humain n'avance que contraint et forcé, en general tout au moins, du coup, devant l'echec patent des dernieres generations, et l'afflux d'un remplacement d'un autre "baton" les chinois en l'occurence, l'Africain est sommé d'inventer, et bien, le systeme debrouille n'est qu'un début, je suis persuadé qu'on evoluera dans le bons sens, de toute maniere, on ne peux pas tomber plus bas, nous sommes deja bien à terre !
Ecrit par : nasser | 23/07/2008
Ce sujet me surprend un peu venant d'un ivoirien. Que cela soit une révolution au Gabon ou Congo Brazza, ça ne me choquerait pas.
Je m'explique. Ayant séjourné quelques années en Côte d'Ivoire, j'ai eu pendant ce laps de temps l'occasion d'assister à des réceptions et je constatais à ma grande surprise qu'on servait plus naturellement des "sucreries" que des "jus". La nuance est de taille. Les "sucreries" à Abidjan désignent les toutes les boissons faites "maison" type bissap (oseille), gnamankoudi (tangawiss ou gingembre), ananas... Les jus étant les boissons sortant des manufactures. Ca coûtait moins cher, et le public - à l'époque - semblait apprécier ces productions locales. Chose impossible en terre congolaise où dans une réception digne de ce nom, on sert du fanta ou du coca-cola. Le complexe est profond... Le made in Congo est une folie, une fait abject.
Aussi je suis surpris cher Djé que tu puises un exemple chez nos frères gabonais, alors qu'il me semble que dans de nombreux domaines (habillement, alimentation), le consommateur ivoirien est (était?)beaucoup plus avance que le congolais ou le gabonais...
Je me pose également la question de la pérennité de ce genre d'initiatives et les enquêtes de marché sur lesquels elles reposent... On a vu des produits de ce genre apparaitre à Brazza il y a quelques années et disparaitre aussi vite à cause d'un coût prohibitif d'un produit "trop select" pour le commun des mortels...
@ suivre
Ecrit par : Gangoueus | 24/07/2008
le marché du jus est parmi les plus....juteux en algerie, et ce jus n'est pas le fruit préssé devant soi que djé apprecie, mais des "sucreries" qu'evoque notre ami Gangoueus,une vraie calamité et un danger certain pour la population, toute assoiffée de ces bouteilles en plastique qui n'existaient pas durant les longues années du socialisme
quand à la fanta et autres coca cola, Frantz Fanon doit se retourner dans sa tombe !
Ecrit par : nasser | 24/07/2008
@ Gangoueus,
heureux d'apprendre que tu as vécu en Côte d'Ivoire, ainsi je me fie à ton appréciation du "patriotisme alimentaire" de nos peuples respectifs.Effectivement les ivoiriens sont très friands des boissons locales dont tu parles. De plus les "maquis" qui fleurissent un peu partout dans les villes françaises confirment tes dires. Mais quand il s'agit de produit dont on peut avoir un équivalent occidental , il va sans dire que l'africain en général a une tendance à rejeter ce qui vient de chez lui. C'était là le sens de l'anecdote de San Pédro.
En 1998, cet épisode m'avait particulièrement choqué car je ne comprenais pas qu'un pays qui produisait autant de fruits n'était toujours pas en mesure d'embouteiller ses propres jus de fruit exotiques et les importait d'occident...le monde à l'envers. Je ne suis pas un industriel mais je doute que la fabrication de jus de fruit nécessite un énorme transfert de technologie.Dans le même esprit, l'amateur de rhum que je suis ne comprends pas que la CIV n'en produise pas alors que la canne à sucre pousse comme de la mauvaise herbe chez nous.
Et ce qui m'a particulièrement enchanté dans le cas gabonais c'est que ce sont les entrepreneurs sans l'aide de l'Etat qui sont à l'origine de l'initiative.
ps: les sucreries désignent aussi (et surtout) les coca, fanta et autres Youki
Ecrit par : Djé | 24/07/2008
Cher professeur Alatou;
Bonjour.
Svp, pouvez-vous m'aider à retacer un très cher ami dénommé monsieur Etienne Kombila. Il a étudié à l'Université Laval, Canada. Il me semble qu'il est actuellement professeur au Gabon. Je vous serais très reconnaisant. Merci beaucoup.
Foued CHEOUR (tunisien), professeur.
98 289 744
Ecrit par : Foued CHEOUR | 27/12/2008
Cher professeur;
Bonjour.
Svp, pouvez-vous m'aider à retacer un très cher ami dénommé monsieur Baka Mébarak. Il a étudié à l'Université Laval, Canada. Il me semble qu'il est actuellement professeur à l'université de constantine. Je vous serais très reconnaisant. Merci beaucoup.
Foued CHEOUR (tunisien), professeur.
98 289 744
Ecrit par : Foued CHEOUR | 27/12/2008
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