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20/03/2008

Made in Sénégal

cf04207fa5348fc140fc1e95f2e1d695.jpgSans faire autant de boucan anti-néocolonial que son voisin ivoirien, le Sénégal s'affranchit peu à peu de la "tutelle" économique de son ex-puissance coloniale, en diversifiant ses partenaires économiques stratégiques. Après avoir écarté Bolloré de la gestion du port de Dakar au profit de Dubaï Ports World, la nation des Lions de la Taranga va désormais faire son entrée dans le club des pays producteurs d'automobiles grâce à une joint-venture avec le constructeur iranien Khodro. Une nouvelle illustration de coopération sud-sud qui espérons-le, apportera les perspectives de développement tant attendues sur le continent.

 


Premières voitures iraniennes fabriquées au Sénégal
Hance Guèye, Dakar,mars 2008

Les premiers véhicules made in Sénégal vont rouler ce mois-ci. Ils sont construits par l'iranien Khodro. Seniran-Auto met les bouchées doubles pour sortir ses premières voitures made in Sénégal à l'occasion de l'inauguration de son usine par les présidents Mahmoud Ahmadinejad de la République islamique d'Iran et Abdoulaye Wade du Sénégal, en marge du sommet de l'Organisation de la conférence islamique que Dakar accueille les 13 et 14 mars prochains. L'usine a été construite à Thiès, deuxième ville du Sénégal, à 70 km de Dakar, par le constructeur iranien Khodro, classé 15e fabricant de véhicules dans le monde, qui détient 60% du capital de la société de droit sénégalais Seniran-Auto, constituée en janvier 2005, avec 20% pour le Sénégal. Le reste appartenant à des privés sénégalais, parmi lesquels l'homme d'affaires Hady Niang qui préside le conseil d'administration. Le capital de la société est de 4,5 millions d'euros. L'usine a déjà reçu commande de 2000 véhicules destinés au renouvellement des taxis, particulièrement brinquebalants, de la capitale sénégalaise.

Seniran-auto, qui a investi pour 70 millions de dollars sur 20 hectares, projette de mettre sur le marché 10 000 véhicules par an. La production doit démarrer ce mois de mars avec les véhicules de marque Samand dotés du moteur de la Peugeot 406. La construction de l'usine d'assemblage est le fruit de la visite officielle du président Wade en Iran en 2002. L'usine entend conquérir d'abord le marché sénégalais avant de se lancer à l'assaut de l'Afrique de l'ouest. Elle a déjà reçu commande de 2000 véhicules destinés au renouvellement des taxis, particulièrement brinquebalants, de la capitale sénégalaise. Les véhicules seront cédés aux transporteurs à environ 10 000 euros. Un système de crédit mis en place par le gouvernement leur permet de le payer en 24 mensualités avec un différé de trois mois.

Commentaires

Pourquoi ne pas concevoir une voiture pur jus Africa ? en mettant en place une coopération entre plusieurs pays africains ?

Ecrit par : Madison | 20/03/2008

Djé, la CI est certes très folklo, très boucantière et assez lente à bouger ("On a dit Eléphant, on n'a pas dit salamandre !"), mais bon elle ne faisait pas que du boucan anticolonial. Elle luttait pour sa survie en tant qu'Etat et en tant que nation. Mais je vois ce que tu veux dire...
En plus, le Sénégal est bien moins stratégique économiquement. On peut fermer les yeux sur les infidélités économiques de Wade s'il joue le bon petit soldat au plan diplo.
Et puis, la CI assemble déjà des bateaux-bus et bientôt des bus... avec l'aide des Iraniens.
Je suis d'accord avec Madison. On pourrait penser à une sorte d'Airbus ouest-africain des voitures. Plusieurs usines dans plusieurs pays (pour les composants) et une protection mutuelle du nouveau marché.

Ecrit par : Théo | 20/03/2008

Djé, la CI est certes très folklo, très boucantière et assez lente à bouger ("On a dit Eléphant, on n'a pas dit salamandre !"), mais bon elle ne faisait pas que du boucan anticolonial. Elle luttait pour sa survie en tant qu'Etat et en tant que nation. Mais je vois ce que tu veux dire...
En plus, le Sénégal est bien moins stratégique économiquement. On peut fermer les yeux sur les infidélités économiques de Wade s'il joue le bon petit soldat au plan diplo.
Et puis, la CI assemble déjà des bateaux-bus et bientôt des bus... avec l'aide des Iraniens.
Je suis d'accord avec Madison. On pourrait penser à une sorte d'Airbus ouest-africain des voitures. Plusieurs usines dans plusieurs pays (pour les composants) et une protection mutuelle du nouveau marché.

Ecrit par : Théo | 20/03/2008

et oui cher Théo, on est souvent moins objectif et surtout plus exigeant avec les siens.
Comme ton intervention le sous entend, effectivement nous n'avons pas vraiment à rougir du Sénégal puisque bon nombre des projets d'envergure ivoirien se font sans le concours d'entreprises françaises, je pense à la future zone franche des NTIC (Inde), l'autoroute du Nord (Tunisie), Infrastructure à Yakro, ponts de Babi (Chine), Pétrole (Angola, RSF...)...et pour les bateaux bus de la Sotra, sauf erreur de ma part c'est du 100% ivo.
donc oui je reconnais avoir manqué d'objectivité sur ce coup là , et pour ce qui est du PAA concédé à nouveau à Bolloré on ne peut pas dire que le travail est bâclé, bien au contraire.
Et merci aussi pour ce complément d'info sur le folklore ivoirien.

@ Madison, moi aussi je trouve ton idée intéressante, du coup je te propose d'aller coordonner tout ça sur place à partir des recommandations de Théo et bien entendu tu seras rémunérée en Francs CFA ;)

Ecrit par : Djé | 20/03/2008

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