topblog Ivoire blogs Créez votre blog Envoyer ce blog à un ami

« Cameroun, c'est comment? | Page d'accueil | Les vieux parlent »

28.02.2008

Mutilation sur les bords du Nil

Ou l'on découvre qu'en matière d'excision, l'Afrique sub-saharienne n'a aucune "leçon à donner" au deuxième pays le plus peuplé d'Afrique.

 

EGYPTE : PAROLES DE FEMMES FACE A L'EXCISION
rue89.com / sept 2007/morceaux choisis

Officiellement interdite depuis dix ans, l’excision reste largement répandue sur les bords de Nil. Le mois dernier, une fillette de 13 ans est décédée dans un petit village du delta au cours de son "opération". L’histoire choque une opinion égyptienne déjà ébranlée, deux mois plus tôt, par le décès d’une autre adolescente dans les mêmes circonstances. Longtemps accusé de laxisme dans sa lutte contre cette pratique ancestrale, le ministre de la Santé se dit depuis déterminé à l’éradiquer "définitivement" et promet une loi en novembre. Mais la tâche est grande. Selon une étude réalisée en 2005, 96 % des femmes mariées seraient excisées, bien qu’aucune religion ne recommande cette pratique. C’est l’un des taux les plus élevés parmi les 28 pays africains qui, de la Somalie au Sénégal, pratiquent différentes formes de mutilation génitale.


f3b2304ac70d38698814607739df0f1b.jpg Depuis cinq ans, Nadia Kamel dirige le programme de lutte contre l’excision du Croissant rouge égyptien, mené avec l’Unicef. Selon elle, il faut cesser de condamner ces mères : "Pour les familles c’est une question de sécurité. L’excision représente la possibilité d’un mariage donc d’un futur heureux. C’est presque une question de vie ou de mort." Assises en rond au milieu du jardin de l’organisation, Samiah, Om Mana et les autres frémissent. Premières bénéficiaires du programme de Nadia Kamel, elles veulent "raconter", avides de partager un traumatisme trop longtemps enfoui. D’abord, elles citent plus volontiers le cas de la voisine. Celle qui "a dû se faire exciser après son mariage pour satisfaire son mari", ou l’autre que "l’excision a rendu infertile".

Pionnière de la lutte contre l’excision en Egypte, Amal Abdel Hadi se réjouit de la volonté affichée du ministre de la Santé, mais reste prudente. Elle a encore trop présentes à l’esprit les "ambiguïtés" de la dernière loi de 1996 qui interdisait l‘excision clandestine tout en l’autorisant dans les hôpitaux "si le service de gynécologie y voyait des raisons médicales". "Lorsque l’on sait qu’à 150 livres l’opération (20 euros), un médecin peut tripler son salaire en pratiquant à l’excision, on perçoit mieux la complaisance du texte, accuse Amal Abdel Hadi. Non seulement cette loi n’a pas empêché les pratiques clandestines de se poursuivre, mais cela a en plus contribué à faire avancer l’idée qu’il y avait de bonnes raisons de mutiler le sexe de la femme, pour peu que cela soit fait dans un hôpital. Un jour, une femme m’a même raconté que sa fille avait été excisée de peur que son clitoris ne devienne gros comme une souris. Au fond, l’excision c’est avant tout la peur de la sexualité féminine", conclue-t-elle.

Physiquement parlant, estime la sexologue Heba Qotb, "une femme excisée peut pourtant avoir du plaisir, mais l’opération intervient à l’âge de la puberté (entre 8 et 12 ans) et cause un traumatisme tel que la plupart des femmes nient leur sexualité par la suite". On appelle cela "l’excision mentale"

Stéphanie Floray

Commentaires

96% !!!!

j'en reste sans voix...

Ecrit par : Madison | 29.02.2008

moi aussi j'en suis resté bouche bée

dans l'actu, décès d'un des plus beaux symboles de la lutte contre l'excision, le top Modèl d'origine guinéenne Katoucha Niane...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Katoucha_Niane

Ecrit par : Djé | 29.02.2008

Salut Djé. Tu présentes là une information très utile.
J'ai mis une réflexion à ce sujet sur mon blog.

Ecrit par : delugio | 02.03.2008

une petite vidéo pour en savoir plus :
http://fr.youtube.com/watch?v=nqvd0vy3vcQ

Ecrit par : Djé | 04.05.2008

Ecrire un commentaire