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19/02/2008
La Côte d'Ivoire qui gagne
La bonne santé financière du port d'Abidjan semble déteindre sur les entreprises du secteur maritime. La Société Ivoirienne de Manutention et de Transit (SIMAT) vient en effet de faire une entée fulgurante à la bourse...de Paris, plus précisemment sur la place financière européenne Euronext. Le titre de la SIMAT, première société africaine à intégrer la côte parisienne, a en effet fait un bond de 223% en un mois. En espérant que cette aventure boursière ne se fera pas au détriment des intérêts ivoiriens, j'entends par là que la majorité des parts deumeure OBV*, saluons cette performance réalisée en dépit du contexte économique difficile que traverse la Côte d'ivoire.
Entretien avec Stéphane Eholié, PDG de SIMAT
boursica.com / février 2008
Quel bilan tirez-vous de votre introduction en Bourse de Paris. La Simat est la première société africaine à intégrer la cote parisienne...
S.E. : L'introduction a été très bien acceptée par les institutions. Nous avons reçu les félicitations du monde politique ivoirien. Le fait d'avoir choisi la Bourse de Paris est aussi très important au regard des relations franco/ivoiriennes. En outre, le parcours du titre nous réjouit bien évidemment, mais nous restons humbles. Il nous indique simplement que nous n'avons pas eu tort de venir en Bourse...
Vous venez de publier des résultats 2007 conformes aux prévisions. Que peut-on espérer en 2008?
S.E. : Nous pensons être en mesure de réaliser une progression de 20 à 30% de notre activité de transit export en 2008. Il s'agit de gains de parts de marché, ce dernier n'étant pas élastique. Pour atteindre cet objectif, nous avons décidé d'augmenter nos capacités de stockage. Cela aura aussi un effet sur l'exercice 2009, car pour le cacao et la noie de cajou, la saison débute au mois d'octobre.
Votre introduction en bourse vous a-t-elle aussi bénéficié au niveau commercial ?
S.E. : Absolument. L'activité de Simat profite aussi de notre introduction en Bourse. L'effet notoriété est notable. Nous avons non seulement fidélisé notre clientèle, mais de nouveaux prospects nous contactent. Nous sommes obligés de refuser des commandes en raison de capacités de stockage saturées !
Avez-vous signé des contrats récemment ?
S.E. : Pour ce qui est de l'import, nous avons signé un contrat majeur avec le PAM (ndlr : Programme Alimentaire Mondial), renouvelable pour un an. Cela devrait représenter entre 35.000 et 45.000 tonnes de marchandises pour la Simat. Par ailleurs, les pays enclavés que sont le Burkina et le Mali font de plus en plus appel au port d'Abidjan. Enfin, l'ONU devrait abaisser de 3 à 2 le niveau de risque de la Côte d'Ivoire, ce qui est de nature à rassurer les différents marchands et devrait faire mécaniquement revenir à Abidjan ceux qui en étaient partis. Tout ceci me fait dire que nous sommes face à de très bonnes perspectives pour 2008 et au-delà.
La situation politique est-elle aujourd'hui complètement stabilisée en Côte-d'Ivoire ?
S.E. : En pleine crise, le port d'Abidjan a toujours fonctionné. Il n'a jamais été fermé ! Aujourd'hui, je pense qu'aucun élément ne pourrait l'empêcher de fonctionner. Personne ne prendrait le risque d'empêcher les marchandises de s'écouler... J'ajoute que d'ici la fin d'année se dérouleront des élections libres. Le vainqueur sera accepté de tous et le pays gagnera en stabilité.
Vous annoncez aussi un projet dans le domaine des "engrais"...
S.E. : La Port d'Abidjan a manifesté sa volonté d'attribuer à la Simat la gestion d'un terminal dédié aux engrais. Si le projet se réalise, le chiffre d'affaires de la Simat devrait exploser, en l'occurrence être environ multiplié par deux très rapidement !
Quels investissements seront nécessaires pour accueillir ce nouveau terminal ?
S.E. : Environ 8 à 10 ME d'investissements seront nécessaires. La Simat les prendra en charge à 100%. Ce sont des montants lourds, mais le jeu en vaut la chandelle étant donné le chiffre d'affaires additionnel que nous allons réaliser ! Tous les navires spécialisés dans les engrais transiteront par ce terminal !
D'ici quelle date comptez-vous démarrer l'activité ?
S.E. : Il faut compter environ 6 mois pour la réalisation des études diverses, et le financement. Je pense toutefois que nous pourrons débuter l'activité d'ici 4 à 5 mois avec de petits bateaux pour commencer...
Vous aviez indiqué que la cotation directe n'était qu'une première étape, la deuxième étant une augmentation de capital. Qu'en est-il aujourd'hui de cette dernière ? Le projet est-il maintenu en dépit des conditions de marché difficiles ?
S.E. : Une institution financière importante est entrée au capital récemment. Si augmentation de capital il doit y avoir, autrement dit, si la société a des besoins de liquidités supplémentaires, elle sera réalisée d'ici la fin du premier semestre. Je vous rappelle que nous sommes venus à la Bourse de Paris en raison des difficultés inhérentes à l'Afrique pour ce qui concerne les levées de capitaux. Les banques prêtent à 14% surplace...
Le site web de la SIMAT.
La vidéo de présentation des activités de la SIMAT
Le titre de la SIMAT en live sur euronext.com pour les boursicoteurs patriotes.
* OBV = Orange - Blanc- Vert : les couleurs nationales de la RCI.
21:25 Publié dans arbre à palabres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, économie, simat, stéphane éholié, bourse, finance, euronext
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