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10/01/2007
Un témoignage littéraire

Allah n'est pas obligé interprété par la compagnie sénégalaise Bou-Saana
Quelques extraits de ce roman pour accompagner la reprise du procès de Charles Taylor à la Haye...
Allah n'est pas obligé
par Ahmadou kourouma - éditions du Seuil (morceaux choisis)
En Sierra Leone, la vie pendant la guerre n’est pas très agréable non plus. Les gens sont tous exploités. Ils sont privés de nourriture, de médicaments et de carburant. La circulation est paralysée. Il n’y a ni bateau, ni avion et les voitures ne circulent plus. Les routes sont coupées. On touve beaucoup de racistes en Sierra Leone qui n’aiment pas les Malinkés. Ils veulent qu’ils quittent la Sierra Leone. Beaucoup de gens sont arrêtés. Il y a même des prisons pour enfants. En Sierra Leone, on décapite les gens et on mange leur chair et on boit leur sang. C’est le cannibalisme. En plus, on coupe leurs bras pourqu’ils ne puissent plus voter.
Au Liberia et en Sierra Leone, il y a des enfants-soldats. On les appelle aussi small-soldiers et children-soldiers. Les enfants-soldats n’ont plus de familles. Quelques-uns ont quand même tué leurs parents. Ils travaillent très dur, par contre ils sont logés et nourris. Mais il ne reçoivent pas beaucoup d’argent et la nourriture n’est pas très bonne non plus. Mais il faut manger. Sinon, on doit quitter l’armée des enfants-soldats. Ainsi, quelques enfants-soldats chapardent de la nourriture. Dans les casernes, ils dorment sur des nattes sur le sol. Tous les enfants-soldats sont encore des puceaux, les filles comme les garçons. Quand on perd sa virginité, on devient un vrai soldat. Beaucoup d’enfants-soldats perdent leur virginité parce qu’ils sont violés ou ils violent une des filles de leur groupe. Ils ont tous des kalachnikovs et ils portent des vêtements (des parachutistes) trop larges et trop longs pour eux. Pourque les enfants-soldats soient toujours en forme (ils doivent beaucoup marcher), on leur donne de l’alcool et des drogues comme le hasch. Donc tous les enfants-soldats sont dépendants. Ils ne sont pas libres, comme des demi-esclaves. Ils sont dirigés par des chefs des organisations et ils n’ont pas d’opinion personnelle. Leurs tâches sont très multiples : ils gardent les postes de combat dans les camps, ils protègent leurs chefs, ils arrêtent les camions, ils surveillent les mines et ils espionnent. Mais comme les enfants-soldats ne savent que tirer ils ont des tâches très dures. Ils tuent les villageois et ils pillent leurs maisons. Après, ils vendent tout leur butin pour posséder plus d’argent. Les opérations meurtrières sont normales pour eux. Quand une personne de leur groupe est blessée parce qu’il a sauté sur une mine par exemple, on la laisse seule. On ne s’arrête pas pour la soigner. Ce sont les insectes ou les chiens qui mangent le blessé qui ne peut plus se défendre. L’élite des enfants-soldats (les lycaons) a aussi des tâches inhumaines comme couper les extrémités des citoyens ou de manger les hommes après leur mort. Mais à mon avis, les enfants-soldats ne sont pas de tueurs, ils sont eux-mêmes victimes. Les enfants-soldats utilisent surtout des gros mots et ils sont très sévères et très directs. Ils sont des criminels et ils sont cruels. Néanmoins, ils ont encore des sentiments : quand un de leurs camarades est mort, on commence à pleurer (quand on connaît l’enfant mort). Beaucoup d’enfants-soldats sont tués. Toutefois, les autres sont contents d’être des enfants-soldats.
Comme les enfants-soldats et les travailleurs de Johnson qui vivent dans la misère se plaignent des circonstances épouvantables, Johnson attaque une ville aurifère tenu de l’ULIMO. Mais il n’a pas beaucoup de chance. Après l’échec, il retourne à Monrovia avec son armée d’enfants, où tout est détruit et pillé. Seule l’institution catholique de Marie-Béatrice qui s’occupe des handicapés et des blessés n’est pas détruite. Johnson veut s’emparer de cette institution mais Marie-Béatrice ne le veut pas. Johnson commence avec son armée d’enfants à attaquer Marie-Béatrice. Mais comme elle est informée, elle est prête et les attaques de Johnson et son armée d’enfants échouent. Après le bombardement dévastateur, Johnson possède l’institution. Il offre un nouveau poste de travail à Marie-Béatrice dans l’armée mais elle refuse parce qu’elle est sainte. Donc la prise de l’institution n’a pas résolu le problème des ressources : maintenant il doit nourrir la sainte et ses enfant aussi. Johnson doit chercher une nouvelle solution. Comme il sait que le pays est partagé en deux parties (une partie pour Doe et l’autre partie pour Taylor) et que la compagnie américaine les paye, Johnson veut que le pays soit partagé en trois parties. Ainsi, il kidnappe deux blancs. Le soir, d’autres blancs viennent pour discuter et après sa visite chez le président, Johnson reçoit la protection de la plantation. Il est heureux. Mais six jours après, tout le Liberia sait que Johnson a un accord secret avec le président de la plantation. Maintenant les autres veulent aussi des parties du pays et commencent à jeter des bombes.
20:45 Publié dans lutter contre l'oubli, rue case nègre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : libéria, sierra leone, crise, littérature, côte d'ivoire, ahmadou kourouma
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