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lundi, 01 octobre 2007

Le retour du faucon noir

6c6809c5aa98cc8db3761bf319d827cb.jpgL'histoire est parfois cynique. Moins d'une semaine après le discours de rupture d'Alpha Konaré à l'ONU, discours qui plaidait pour la fermeture pure et simple de toutes les bases militaires en Afrique, les USA annoncent ce lundi 1er octobre 2007, le lancement de l'AFRICOM. La mission officielle de ce nouveau commandement américain est d'aider le continent africain à se stabiliser...

"Stabiliser", un mot suspect dans la sémantique de l'administration Bush.
En effet, l'aventure de stabilisation américaine en Irak n'étant pas faite pour rassurer, interrogeons nous sur cette soudaine "philanthropie" américaine et recueillons les premières réactions sur le continent.
 
 


Le centre de commandement américain pour l'Afrique
Sur le continent, les candidats pour abriter le quartier général de ce commandement ne se bousculent pas. Le but de l'Africom est, selon Washington, d'aider le continent à se stabiliser. Mais nombreux sont ceux qui estiment déjà que ce centre est motivé par des considérations stratégiques.Le quartier général de l'Africom sera, dans un premier temps, en Allemagne. Mais Washington espère bien à terme l'établir sur le continent. Dakar, Nairobi ou Addis-Abéba sont parmi les villes les plus fréquemment citées, et le département d'Etat devrait avoir fait son choix d'ici au mois de février 2008. Mais les candidats ne semblent pas se bousculer.

Deux raisons à cela: d'abord, au vu des précédents irakien et afghan, certains redoutent une ingérence américaine accrue dans les affaires africaines.
Ensuite, plusieurs pays africains craignent de devenir une cible pour les ennemis de l'Amérique. Pour les rassurer, Washington a pris soin de préciser qu'il n'était pas question de positionner de nouvelles troupes sur le continent, et que son but était seulement de promouvoir la sécurité et l'état de droit en Afrique. Les Etats-Unis affirment d'ailleurs qu'ils se contenteront de proposer des formations, et que ce sont des diplomates et des spécialistes de la coopération qui constitueront le gros des effectifs de l'Africom.

Mais il est indéniable que la création de ce nouveau commandement montre bien l'intérêt nouveau que portent les Etats-Unis à l'Afrique. Cet intérêt tient en trois mots: pétrole, terrorisme, instabilité. En effet, les 10% du pétrole brut consommé par l'Amérique proviennent d'Afrique et Washington surveille de très près la concurrence que lui livre, dans ce domaine, la Chine.Le département d'Etat s'inquiète également de la menace que représentent les islamistes qui opèrent depuis des pays où l'autorité de l'Etat n'est pas solidement affirmée. Impossible donc d'envisager l'Africom sans penser aux motivations stratégiques américaines, d'où les réticences rencontrées sur le terrain
. via bbc.co.uk / oct 2007
 
 
Johannesbourg dit non à l'AFRICOM
Formellement opposée au projet de création d’un centre de commandement militaire américain sur le continent, l’Afrique du Sud menace de représailles tout pays africain qui accepterait d’accueillir cette structure.

Les ministres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) présentent un front uni contre le projet de base militaire américaine. Les Etats-Unis ne doivent pas parvenir à installer leur centre de commandement, Africom, où que ce soit sur le continent. Jeudi, le ministre de la Défense sud-africain, Mosiuoa Lekota, a déclaré au Cap que ses homologues de la SADC s’étaient mis d’accord pour s’opposer au projet de l’Oncle Sam et que l’Afrique du Sud comptait sur la fermeté de tous les autres pays africains. Ceux qui s’écarteraient de cette ligne de conduite pouvaient s’attendre à des représailles, a-t-il laissé entendre. "L’Afrique doit se préserver de toute présence étrangère sur son sol", a-t-il déclaré.

En février dernier, les Etats-Unis ont annoncé leur intention de regrouper les trois structures de commandement pour leurs opérations en Afrique, actuellement situées en dehors du continent, en un seul et unique centre de commandement situé en Afrique, l’Africom. Le général William Ward a été désigné pour diriger les 1 000 employés du quartier général, qui devrait être "aussi modeste et discret que possible", selon les déclarations d’un responsable américain, en mai dernier.

Jusqu’aujourd’hui, seul le Liberia s’est déclaré publiquement prêt à héberger la base américaine. Sans désigner directement ce pays, Lekota a indiqué qu’il espérait que tout le continent suivrait l’exemple de l’Afrique du Sud, et a indiqué que toute autre attitude pourrait être sanctionnée par la mise en quarantaine du pays fautif. "Il n’est pas anormal qu’un ou deux pays ne soient pas d’accord avec la majorité", a-t-il déclaré. "Mais, normalement, la minorité, même quand elle n’est pas d’accord, tend à rejoindre la majorité car l’unité des nations africaines dépasse tout intérêt individuel. J’imagine que tout pays tenté d’aller à l’encontre de la décision de l’Union africaine sera conscient des répercussions que cela pourrait avoir, certains pays frères pouvant lui refuser leur aide dans d’autres domaines."
Selon Wafula Okumu, analyste à l’Institut d’études de sécurité, à Pretoria, l’Union africaine n’a pas pris de position officielle mais l’Amérique se fait claquer la porte au nez sur tout le continent. Il ajoute que les Etats-Unis soulignent que leur présence en Afrique permettrait à leurs troupes d’effectuer des missions humanitaires et d’être plus rapidement disponibles en cas de catastrophe. Pour lui, "les intérêts des Etats-Unis en Afrique se limitent au pétrole et au contrôle du risque d’attentats dirigés contre eux".
via courrier international / sept 2007

Commentaires

une question toute bète : comment un état peut-il déclarer qu'il va tranquillement s'installer dans une zone souveraine qui lui est étrangère ? Des ivoiriens ont appelé Bush à l'aide lors de accords marcoussis, j'espère que ce n'était que de la provocation à l'égard de la France, je n'ose même pas imaginer ce que les pays désespérés qui accepteraient cette ingérence, n'ayons pas peur des mots, donneront en retour, en plus de leur derrière.

Ecrit par : Logan 1er Hervé | mardi, 02 octobre 2007

j'adore la chute de ton commentaire...elle résume bien la situation

Ecrit par : Y-Voir-Plus | mardi, 02 octobre 2007

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