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04/09/2007

Tel père, telle fille

7948e61dad259ecee15ca4b04c5b87cd.jpgUne énergie vitale qu'on sent impatiente, beaucoup de charme aussi, et d'introspection, telle est la chanteuse ivoirienne Dobet Gnahoré. Quand de ses grands yeux brillants, elle balaie le public, le regard rieur se fait tantôt timide, tantôt provocateur, conviant à entrer dans les rythmes saccadés des forêts du sud ou les mouvements ondulatoires des danses d'Afrique australe. Occupant l'espace avec bonheur, naviguant allègrement entre les basses et le soprano, elle invite à partager sa joie sur scène. Comment rester insensible à ce timbre, jeune, mais déjà si bien maîtrisé ? Sa voix, son charisme et sa grande présence, nourris de plusieurs années de travail théâtral et chorégraphique séduisent le spectateur…

Fille de Boni Gnahoré, maître tambour, comédien, chanteur et membre fondateur du village Ki-Yi, Dobet Gnahoré a grandi et appris les arts de la scène, avec ses camarades d'âge du « village ». Le village qui domine la cité U du quartier de la Riviera 2 d'Abidjan est une communauté où tous les habitants sont des artistes. Ils créent et diffusent leur théâtre, leur musique, leur danse, leur peinture, le tout sur place. S'essayant ainsi à nombre de disciplines artistiques, Dobet est devenue une artiste aux multiples talents. C’est aussi dans son village qu’elle cultive la conscience de son identité africaine et s’imprègne des problèmes récurrents du continent.

Dobet Gnahoré est une révoltée. Dans ses chansons, elle dénonce le pillage de l’Afrique, ironise sur la polygamie. Elle y fustige les hommes assoiffés d'argent, sourds aux cris de la nature victime de leurs errements. Dans sa manière d'être au chant et à la danse, puissante et musclée, et avec une grande force de caractère, Dobet Gnahoré réaffirme l'existence d'une nouvelle génération de chanteuses africaines battantes, engagées contre « l’afropessimisme ».
"Guitare, calebasse, cloche, gratte, djembé, charleston, balafon, aoko, tous s’accouplent et produisent un genre qu’il serait hasardeux de classer. Une musique fraîche, sobre, chaleureuse, apaisante. "via theatreonline.com


"Nsiélé" par Dobet Gnahoré au festival des musiques métisses d'Angoulême (2005)

 


Commentaires

Quelle voix superbe elle a cette fille!

Ecrit par : Adia | 06/09/2007

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