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jeudi, 09 août 2007
Toujours pas besoin de l'Afrique?
Le Niger combat, depuis février 2007, une rébellion menée par le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) dans le nord du pays. Le MNJ se présente comme le défenseur de la cause des nomades touaregs, qui seraient persécutés par les gouvernements "sudistes" qui se succèdent à Niamey. "Certains actes, comme la pose de mines par ces groupes armés, n'ont en réalité rien d'une stratégie défensive, mais s'inscrivent dans la logique de leurs commanditaires visant à empêcher les recherches et l'exploitation de nos ressources minières", s'insurge le président, Mamadou Tandja.Areva, numéro un mondial du nucléaire civil, exploite l'uranium nigérien depuis quarante ans. Le pays est le 5e producteur mondial de ce minerai. Deuxième employeur au Niger, juste après l'Etat, Areva achetait au Niger le kilogramme d'uranium à 27 300 francs CFA [41 euros], largement en dessous des prix du marché, qui se situent à 122 000 francs CFA le kilo [186 euros]. Ce marché de dupes remonte aux accords de défense de 1961, passés entre la France et certains pays d'Afrique de l'Ouest, dont le Niger. D'un côté, l'ancienne puissance coloniale garantit la sécurité et la stabilité. En échange, ces pays lui réservent la primauté sur leurs ressources minières. L'uranium nigérien est une survivance de ce pacte colonial.
Mais aujourd'hui le Niger, qui n'a pas, depuis quarante ans, tiré profit de l'exploitation de ce minerai précieux, pense sérieusement à s'émanciper de la tutelle de la France. Profitant de la récente remontée des cours de l'uranium, Niamey a délivré des permis de recherche et d'exploitation à des entreprises chinoises et canadiennes. Mettant ainsi fin à la chasse gardée de la France. Les Français auraient-ils alors suscité, avec Areva, la rébellion du MNJ pour faire pression sur le gouvernement nigérien, dans l'espoir de conserver leur monopole ? Le Niger l'affirme.
L'affaire est délicate et stratégique. L'Hexagone a absolument besoin de cet uranium pour produire l'énergie qui permet d'éclairer les villes françaises. Nicolas Sarkozy, qui pérorait pendant la campagne présidentielle française que la France n'avait pas besoin de l'Afrique, est rattrapé par une réalité qui n'a jamais échappé à ses prédécesseurs. Il a choisi de calmer le jeu. Il vient de dépêcher à Niamey son ministre de la Coopération, Jean-Marie Bockel. Au terme de cette visite, Areva s'est engagé à relever le prix du kilo d'uranium à 40 000 francs CFA [61 euros]. Areva versera en outre un acompte de 15 milliards de francs CFA [23 millions d'euros] à l'Etat nigérien sur les dividendes qu'il attend, et lui livrera 300 tonnes d'uranium que le Niger vendra sur le marché international. Mais cette offre est encore loin des standards du marché. Areva et la France vont devoir se remuer face à la libre concurrence.
18:55 Publié dans arbre à palabres | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : niger, france, uranium
Commentaires
à voir : le cauchemar de Darwin
Ecrit par : Tieum | jeudi, 09 août 2007
effectivement le cauchemar de Darwin est à voir absolument
Ecrit par : Y-Voir-Plus | vendredi, 10 août 2007
ça va être chaud pour toi SARKO....TOUJOUR BESOIN DE L'AFRIQUE notre Mère....ONE LOVE
Ecrit par : TAYA MOD'ART | dimanche, 06 juillet 2008
