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11/11/2006

Relations franco-ivoiriennes (acte 1 ?)

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L'anecdote ci-dessous illustre peut être le premier cas concret de collaboration entre les 2 pays.


Le 1er août 1691, l'évêque de Meaux J.B Bossuet baptise solennellement à Paris, en l'église des Missions étrangères (Saint-Sulpice), un prince africain de 20 ans du nom d'Anabia. Il reçoit le prénom de Louis, son parrain de baptême n'étant autre que Louis XIV, le Roi-Soleil en personne.Anabia vient du royaume d'Assinie, à l'ouest de l'actuelle Eburnie et à proximité du Ghana. Le prince Anabia est arrivé en 1688 à La Rochelle avec une recommandation du père Gonzalve, un missionnaire dominicain.

Les marchands de la Compagnie de Guinée, qui sont portés à croire que l'Assinie regorge d'or, misent sur Anabia pour ouvrir le royaume à leur commerce. Les missionnaires entrevoient de leur côté la christianisation du pays. A la Cour de Versailles où les dames, à commencer par la marquise de Maintenon, aiment à se faire accompagner d'un domestique africain, Anabia jouit d'une faveur exceptionnelle. C'est ainsi qu'Anabia entre dans un régiment de cavalerie du roi en qualité d'officier, bénéficiant d'une confortable pension et devenant le premier gradé de couleur de l'armée française.

Dix ans après son baptême, Louis Anabia prend le chemin du retour avec deux pères dominicains et un représentant de la Compagnie de Guinée, le chevalier d'Amon. Le 24 juin 1701, leur navire mouille à Bassam, à l'ouest du royaume d'Assinie. Les Français construisent un fort du nom de Saint-Louis, prélude à leur établissement dans la région. Pour Anabia, le plus difficile reste à faire, à savoir s'emparer du pouvoir et détrôner le roi Akassiny. Après maintes tentatives, il y échoue. L'aventure se termine piteusement 2 ans plus tard. La Compagnie de Guinée, constatant que l'Assinie ne possède guère de métaux précieux, se retire. Les pères dominicains quittent à leur tour l'Assinie en mars 1703 après qu'Anabia eût répudié la foi chrétienne et soit revenu à l'animisme.
L'Eburnie retombe dans l'oubli pour 140 ans. Ses lagunes inhospitalières recèlent des maladies endémiques comme la malaria et la fièvre jaune et sont, qui plus est, isolées du grand large par la «barre», une vague qui rend tout acccostage périlleux.

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